Ennéagramme et blessure

J'enseigne l'Ennéagramme, ce fameux outil de connaissance de soi impressionnant par son amplitude et son efficacité. Formée et certifiée aux Etats-Unis, j'ai principalement enseigné à Londres et à La Haye, où j'ai successivement habité ces dernières années. Mes élèves français passent leurs vacances en France...

 

et ne manquent pas de parler Ennéagramme avec leurs connaissances, lesquelles ont parfois suivi une formation en France. Au retour des vacances, j'ai souvent droit à cette remarque, à laquelle je suis maintenant habituée, de la part de mes élèves :

"En France, on dit que l'origine du type (de personnalité) Ennéagramme est la blessure de l'enfance et toi tu ne nous pas enseigné cela. Comment se fait-il qu'au "sein de l'Ennéagramme", vous ne soyez pas d'accord entre vous?"

La première chose que l'on peut noter est que cette approche de l'Ennéagramme par "la blessure de l'enfance" est bel et bien une spécificité française. La littérature Ennéagramme de langue anglaise, que j'ai abondamment lue, n'en parle pas.

Aujourd'hui, je vais donc prendre le temps, dans ce blog, de répondre à cette question et je dédie ce post à tou(te)s mes élèves, que je salue aussi au passage avec toute ma gratitude.

Tout d'abord, je ne pense pas que nous soyons fondamentalement en désaccord (1). Il y a un seul symbole Ennéagramme, et comme pour tout symbole, il y a différents niveaux de lecture, différentes approches....le verre à moitié plein et le verre à moitié vide font référence au même verre.

Dans mon enseignement, je suis fidèle à la transmisson que j'ai reçue et à ma propre expérience de l'Ennéagramme (j'en profite pour préciser que l'Ennéagramme est avant tout une expérience qui se vit et qu'un livre ne peut assurément pas offrir cette expérience).

Ainsi donc j'ai découvert et expérimenté que mon type Ennéagramme représentait une immense partie de ce que je vis, ressens et pense au quotidien. C'est une sorte de pilote automatique qui m'accompagne en toutes circonstances, et le plus souvent - c'est bien là le problème - sans que j'en sois consciente.

Ce pilote automatique, appelé type de personnalité, ou encore ego, nous l'avons tous, et nous ne pourrions d'ailleurs pas faire sans : c'est notre architecture interne. On le présente aussi comme la stratégie d'adaptation au monde que nous avons mise en place entre 0 et 20 ans (approximativement).

A noter que cette stratégie est unique : elle est directement liée à cette personne unique que je suis quand j'arrive au monde (2). Et même si chemin faisant il y a "blessure", la stratégie qui me permet de l'accueillir et de la vivre est définie par la personne que je suis au départ et non pas par la blessure elle-même.

Mais ce n'est pas tout et le plus important reste à venir. Ce que j'ai aussi découvert et expérimenté au plus profond de mon coeur est qu'avant de développer cette stratégie ou cette architecture, pratique mais très enfermante, j'étais surtout et avant tout, "A precious darling of the universe"(3). Je suis sûre que cette formule va provoquer un rictus d'écoeurement chez certains lecteurs, car j'ai eu le même, en pareille circonstance, à la première heure de ma formation Ennéagramme. Comment peut-on oser, n'est-ce pas, cette formule démagogique et sirupeuse, si facile, si "bon marché"?

La question que je me pose aujourd'hui est au contraire : Comment ne pas oser, quand on sait que toucher cette vérité ontologique peut transformer une vie toute entière? Comment ne pas oser quand on sait que c'est si facile de l'expliquer avec l'Ennéagramme? Grâce à ce miroir qui nous décrit magnifiquement, nous pouvons effectivement toucher du doigt les 9 manifestations de notre être essentiel, que nous apprenons à découvrir comme étant notre trésor, notre bien le plus précieux, à nous les humains. Et la magnifique nouvelle est que ce trésor enfoui reste intact, quelque soient les blessures de l'existence! Pour le retrouver il faudra "juste" avoir le courage de creuser son puits...

Dire donc que le type de personnalité résulte de la blessure de l'enfance est peut-être une petite part de la vérité. Mais moi, ce qui m'intéresse c'est plutôt de pointer mes élèves vers ce qui peut les catapulter vers une autre perspective d'eux-mêmes, des autres et de leur existence. Les ramener à la fatalité d'une blessure, c'est les priver de l'élan, de l'énergie extraordinaire que l'Ennéagramme peut leur offrir.

Nous, enseignants de l'Ennéagramme, nous avons tous à coeur de servir l'Ennéagramme et donc nos frères humains. Aider l'autre à comprendre le fonctionnement de son ego est utile. C'est définitivement une étape. Est-ce suffisant? Je ne le pense pas. Le cheminement qui nous permet de devenir qui nous sommes est long. C'est même le cheminement de toute une vie. Alors autant partir avec le bon élan, la bonne énergie. Car finalement tout est question d'énergie...y compris l'Ennéagramme.

Si cette énergie vous appelle, si vous sentez que le moment est venu de creuser votre puits, Ennéateach est là pour vous aider : dorothee@enneateach.com

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(1) Petit clin d'oeil : les spécialistes reconnaitront certainement, à cette seule phrase, mon type Ennéagramme.

(2) Une des beautés du modèle Ennéagramme est d'inclure également cette unicité de la personne.

(3) Pour un croyant, the "universe" peut aussi signifier Dieu, tout simplement. Cette magnifique appellation vient du maitre spirituel Almaas et m'a été répétée, ou plutôt offerte par Gérard Battarel, son élève, qui est également Riso-Hudson Enneagram certified teacher.

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