Témoignage d'une 4 : Denise Desjardins


La quête de la beauté : une passion

"Combien longtemps ai-je été fascinée par la beauté,

Beauté des visages, de la lumière changeante,

Celle de la luxuriance des végétaux, des fleurs,

Des arbres, et des créatures si diverses

Qui occupent cette noble planète…

Si longue a été la première partie de ma vie 

Où je m’appliquais à rendre cette beauté

Sur le papier ou sur la toile.

De douze à quarante ans, ce fut mon univers,

Mon but, ma passion."

 

Fuir la monotonie et la fadeur

"La monotonie de l’école où les jours semblaient

Se diluer comme une matière gélatineuse qui

S’étalerait sans forme, toujours semblable,

Toujours égale à elle-même, sans aspérités,

Sans relief : une uniformité qui me semblait

N'avoir guère de sens, juste des mots qu'il fallait

Apprendre par cœur, à la fois à l'école

Et surtout, à peine rentrée, à la maison

Où, de nouveau, il fallait retenir mot à mot

Ce qui était exposé et me paraissait dénué de signification.

C’était fade, un peu triste,

Répétitif, inutile. Une contrainte

Pesante, où rien n’avait été choisi ou aimé

Et dont le goût n’inspirait nul élan."

 

Recherche esthétique, toujours et en tout

"Créer une oeuvre, en être à profusion louangée,

Rechercher l’élégance de sa vêture,

Et celle d’un lieu de vie où coule le fleuve,

Toujours la beauté à l’extérieur et l’intérieur du logis

Comme celle des objets qui l’ornent et en rehaussent le charme,

Toujours plus de recherche créative,

Toujours plus de décor.

Terres cuites créées de ma main

Sur certains murs et la cheminée, centre symbolique

De la maison.

Détails choisis, réfléchis, mûris, afin d’être entourée 

De ce que j’aimais,

Un lieu où je pourrais me sentir à l’aise et

Etre reconnue en tant que femme,

En tant qu’artiste et créatrice.

Le désir d’être reconnue n’est qu’un succédané

De celui d’être aimée."

 

Voir le monde à travers un verre non déformé

"(l’existence) m’apprit à regarder les choses

Telles qu’elles étaient

Dans leur intégrité.

Non plus les voir selon mon humeur

Qui les qualifiait de plaisantes ou déplaisantes,

Non plus ruminer à leur sujet."

"La beauté est-elle indifféremment en toutes choses ?

Chacune a la beauté d’être ce qu’elle est :

Unique dans sa vérité d’être unique

Et unique participante de l’infini

Ainsi que toutes les autres choses existantes."  

 

 

Enfin libérée ?

"Je ne voulais pas aller chez lui

Pour la simple raison que je le trouvais laid,

(…)

Balayés sur-le-champ furent mes préjugés

Sur la beauté qui me tenait à cœur

Et qui, surtout, faisait partie de ma recherche picturale,

Lorsque j’entrai dans sa petite chambre.

Évanoui, le souci esthétique qui animait,

Terminées, les comparaisons stupides ou néfastes.

(…)

Serais-je un jour guérie à tout jamais de ce virus meurtrier

Des jugements, des ”j’aime” et “je n’aime pas”. "

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