Le quart de seconde de la liberté

 

Je dédie ce texte au philosophe Denis Marquet,

source d'inspiration et guide authentique de la voie du Christ

 

 Je croise beaucoup de personnes qui sont sincèrement désireuses de grandir, d’avancer, de prendre soin de leur couple, de changer de regard sur les autres, sur eux-mêmes…et de comprendre, enfin, leur condition humaine. Les circonstances de la vie les ont amenées à penser que c’était possible. Et de fait elles ont raison, c’est possible. Reste à trouver le bon chemin pour cela.

 

Autrefois, la philosophie aidait à poser le diagnostic des impasses inhérentes à notre condition et la religion proposait une solution. Aujourd’hui, l’une et l’autre ont cédé la place…au vide. Un vide qui s’est vite rempli d’un nouveau champ inépuisable : le développement personnel. 

 

Ainsi les rayons de librairie regorgent de livres de méthodes, de recettes, d’exercices, de guides, de conseils…Il y en a pour tous les goûts et toutes les ambitions. La chenille se précipite et dévore ce papier alléchant qui promet de lui lustrer le poil comme elle le souhaite, et d’adoucir son cocon en le rendant plus confortable à vivre.

 

Notre chenille est prête à tout essayer. Et de toute façon, elle veut vraiment croire que les « super chenilles » qui ont écrit ces livres détiennent la solution et la méthode pour atteindre le « cocon » idéal, et qu’avec les muscles de ses petites pattes, tout est possible.

 

De la toute puissance de la chenille…Mais si ces méthodes étaient efficaces, cela se saurait davantage ?

 

De fait, les dites méthodes proposent beaucoup de choses mais omettent la plupart du temps de dire la seule vérité qui peut catapulter la chenille hors de son cocon, sans effort de sa part, et instantanément.

 

C’est une vérité vieille comme le monde qui n’a jamais changé et ne changera jamais. 

C’est forcément une vérité qui n’est pas réservée aux savants ni aux érudits…et donc à la portée de chacun (le contraire n’aurait franchement aucun sens).

Enfin, elle ne demande aucun effort, aucune ascèse, aucune discipline, juste un saut de conscience…soit un quart de seconde de clarté.

 

Voici en quoi cette vérité consiste : il suffit « simplement » que la chenille entrevoie qu’elle n’est ni la source, ni l’origine de son être, et qu’elle est au contraire une manifestation unique de l’Etre, ce Tout autre qui est en elle, d’autant plus unique qu’elle le laisse vivre et rayonner à travers elle. 

 

Un simple saut de conscience donc, qui encore une fois,…ne demande qu’un quart de seconde !

 

Ce quart de seconde suffit pour devenir papillon et voler en liberté, non pas avec la force de ses petits muscles (crash assuré), mais avec la force et le souffle de Vie de l’Etre, qui est sa source. Quiconque a connu le vol du papillon sait que cette force est toujours accessible, toujours donnée, toujours !….définition stricto sensu de la grâce !

 

Se mouvoir à l’horizontal, à la force de ses petits muscles, c’est fastidieux mais c’est du terrain connu, et le connu cela reste du confortable, quoiqu’on en dise. Lâcher-prise, accepter le vide vertical, c’est une autre aventure ! L’expression multi-millénaire pour dire cela : mourir à soi-même, c’est à dire à ce moi qui se prend pour la source et l’origine de sa vie.

 

Or, comme le dit si bien Dominique Collin : « Il n’y a aucun moi sur cette terre qui est prêt à se perdre ». Ainsi au pays des chenilles, le cocon, ou le moi, est roi ! Autrement dit, le très illusoire « confort » du cocon explique pourquoi nous sommes tant de chenilles dans ce monde, et pas assez de papillons.

 

Mais heureusement, si on sait les voir, il existe quand même de beaux papillons pour colorer le ciel de nos existences. Et si quitter ce cocon est possible, il existe donc des tremplins pour cela. A chacun d’en témoigner. Pour ma part, ce fut de faire « Le tour des 9 territoires de l’être » avec Don Riso et Russ Hudson (Enneagram Institute, USA). Un vrai tremplin, pour un grand saut !! Celui de comprendre que ces territoires étaient tous en moi mais que parce qu’ils ne venaient pas de moi, ils étaient la vraie source de ma vie.

 

Bien-sûr, ce tremplin je le revisite souvent, c’est à dire chaque fois que la chenille en moi oublie qu’elle est papillon et se retrouve de nouveau au ras du plancher. Comme chacun, je ne risque pas d’oublier que ce plancher fait partie de ma condition humaine.

 

Mais je connais aussi le vol du papillon et je sais combien cette liberté de voler donne un autre goût à ma vie. Donc je témoigne de cela chaque fois que je le peux, et en premier lieu lorsque j’accompagne des personnes à faire ce même

 

« Tour des 9 territoires de l’être ».

 

Car ce tremplin-là, je le sais, est assurément pour tout le monde, ou du moins pour toute personne qui veut s’y aventurer…il suffit pour cela de se laisser guider, et surtout, de faire le premier pas !

 

 

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