Morceaux choisis


Préface 

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De la souffrance

 

"Gurdjieff a dit quelque chose d’étrange et de paradoxal : la dernière chose à laquelle les êtres humains sont prêts à renoncer est leur souffrance. Est-il possible que cela soit vrai ? Et si c’est vrai, comment l’expliquer? 

 

D’abord, notre souffrance nous est familière. C’est ce que nous connaissons, elle nous semble plus rassurante que toute autre situation inconnue....La seconde raison est probablement plus importante et ne doit pas être sous-estimée. Une grande part de notre personnalité repose sur notre attachement à notre souffrance, soit à l’ensemble de nos complaintes, tensions, conflits, récriminations, drames, explications, projections, justifications, et à l’« énergie » que cela fournit. Nous pourrions même dire que c’est la racine même de notre personnalité. Si notre souffrance – et tout ce qui l’accompagne – disparaissait, qui serions-nous ? 

 

Si tout allait bien, s’il n’y avait rien qui « cloche » en nous, nous aurions à affronter la peur d’être seul face au présent, et nous aurions à assumer la responsabilité de qui nous sommes. Nous aurions à être prêts à faire des choix et à les mener jusqu’au bout. Il n’y aurait plus de reproches, plus de passé ressassé, plus de spéculations sur le futur. Nous deviendrions simplement un être humain vivant, bravant le vaste mystère de l’existence. En fait, nous deviendrions simplement ce que nous sommes déjà, sauf que désormais nous le reconnaitrions pleinement, et vivrions de cette vérité."

 

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Observer et lâcher-prise

 

Notre adage « Observer et lâcher prise » est d’une simplicité trompeuse. Il s’agit d’apprendre à s’observer soi-même, en voyant ce qui émerge en nous instant après instant, mais aussi ce qui nous entraine hors de l’ici et maintenant. Quoi que nous découvrions d’agréable ou de déplaisant, nous l’observons simplement, sans chercher à le changer, ni à nous critiquer pour ce que nous découvrons. Dans la mesure où nous sommes pleinement présents à ce que nous découvrons en nous-mêmes, ce qui est contraint dans notre personnalité se desserre et notre Essence commence à se manifester plus pleinement.

À la différence de ce que notre ego peut croire, ce n’est pas notre rôle de réparer ou de transformer la personne que nous sommes. En effet, un des plus grands obstacles à la transformation est l’idée que nous pouvons nous « corriger » nous-mêmes...                                                                        Page 55

 

 

En apprenant à être présent à notre vie et ouvert à l’instant, des miracles commencent à se produire. L’un des plus grands miracles est qu’il est possible de se débarrasser d’une habitude qui nous a tourmenté pendant des années en une fraction de seconde. Quand nous sommes pleinement présent, la vieille habitude lâche prise et nous ne sommes plus la même personne.

 

Expérimenter la guérison de nos blessures les plus anciennes et les plus profondes grâce à l’action de notre conscience, voilà le miracle sur lequel nous pouvons tous compter. Si nous suivons cette carte de l’âme jusqu’aux profondeurs de notre cœur, la haine se changera en compassion, le rejet en acceptation, et la peur en émerveillement.

 

N’oubliez jamais que c’est notre droit imprescriptible et notre nature profonde d’être sage et noble, aimant et généreux, d’avoir de l’estime pour soi et les autres, d’être créatif et de nous renouveler sans cesse, de s’intéresser au monde avec émerveillement et souci de vérité, d’avoir du courage et confiance en soi, d’être joyeux et naturellement accompli, d’être fort et efficace, de goûter la paix de l’esprit et d’être présent au mystère toujours renouvelé de notre vie.                                                                                                          Page 57